Déjà, en acceptant l'an dernier de participer, sans l'aval du PS, au Comité Balladur sur la réforme des institutions, l'ancien ministre avait déjà démissionné en juillet 2007 des instances dirigeantes du PS.
Le vote du député du Pas-de-Calais a été quasi-décisif en faveur de la réforme, passée à une voix près.
Les réactions ne se sont pas faites attendre :
"Jack Lang n'a plus sa place dans notre famille", a lancé Julien Dray, porte-parole du PS.
"Il a franchi le Rubicon", s'est écrié le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault. L'ancien ministre a été mis à l'index: "Il n'y a pas d'exclusion formelle. On a pris acte que Jack Lang s'est mis lui-même en dehors du groupe socialiste" à l'Assemblée, a annoncé le député-maire de Nantes.
11 députés et trois sénateurs socialistes du Pas-de-Calais se sont "clairement désolidarisés" de leur collègue.
Le premier secrétaire, François Hollande a appelé Jack Lang mardi à "prendre conscience de ce qu'il a fait et en tirer toutes les conclusions sur le plan moral".
"Je n'imagine pas que cela puisse rester sans conséquences", a souligné à l'AFP Bruno Le Roux. "En toute logique, il ne peut plus avoir le soutien du parti aux prochaines élections", a ajouté le secrétaire national PS aux élections.
Le député du Pas-de-Calais ne s'en laisse pas pour autant compter : "Il n'est au pouvoir de personne de me rayer de la carte du paysage politique français".
"Socialiste je suis, socialiste je resterai et il n'appartient à aucune instance, surtout d'un parti aujourd'hui en crise, de me retirer quelque étiquette que ce soit".
L'UMP a volé au secours du sauveur de la réforme, dénonçant une "chasse à l'homme".
En outre, à quatre mois du congrès de Reims, quatre députés - parmi les 17 qui avaient plaidé fin mai pour un "compromis" avec le gouvernement sur la réforme- ont dénoncé la politique de la direction d'opposition "systématique" à Nicolas Sarkozy.Après avoir voté "par discipline" contre le texte, les rénovateurs Manuel Valls et Gaëtan Gorce, Christophe Caresche (proche de Bertrand Delanoë) et le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, ont dans une tribune au Monde, fustigé l'incapacité du PS à "s'abstraire d'une forme d'anti-sarkozysme pavlovien" qui "le conduit a s'opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République".
Dans les couloirs de l'Assemblée, Jean-Marie Le Guen a dénoncé un appareil PS qui "se rétrécit sur lui-même et ses certitudes et ne montre pas un esprit d'ouverture".