11.11.06


Ségolène et la démocratie participative à outrance
La proposition de Ségolène Royal de création de « jurys citoyens » a suscité moult critiques tant à gauche qu’à droite. La candidate aux présidentielles a été volontiers et logiquement taxée de démagogie et de populisme. Le peuple, réduit au silence une fois les élections passées, ayant perdu toute confiance dans la politique, pourrait ainsi contrôler ses élus. Ségolène avait même envisagé que des citoyens puissent assister aux conseils des ministres (elle a ensuite revu sa copie, proposant la réunion de jurys citoyens "en amont" des discussions en conseil des ministres de décisions sur de "grands sujets nationaux").

"Le conseil des ministres, il débat de choses qui relèvent du secret national, des questions militaires. Quand même! C'est sérieux comme question, ça n'est pas un débat sur des questions d'usagers où chacun doit pouvoir donner son avis", a ironisé Dominique Strauss-Kahn.

"Je pense qu'il est bon que les citoyens soient des acteurs, mais il n'est pas bon qu'ils soient des procureurs", a pour sa part déclaré l'ancien Premier ministre Laurent Fabius.

Renaud Dutreil a quant à lui comparé la proposition de Mme Royal à la démarche des"sans-culottes de 1793"

« La démocratie est un jeu entre pouvoir, savoir et peuple. Si on omet le savoir, on verse dans le populisme », met en garde le politologue Jean Viard, directeur de recherche au CNRS, qui estime que mieux vaudrait mettre l’accent sur la formation à l’exercice de la citoyenneté.

La démocratie participative est par ailleurs déjà entrée dans les faits en France dans des limites raisonnables. La loi Voynet oblige à créer dans chaque « pays » ou agglomération de plus de 50 000 habitants un « conseil de développement » composé de représentants des milieux économiques, sociaux, culturels et associatifs. La loi Vaillant (2002), relative à la démocratie de proximité, prévoit, elle, la mise en place de conseils de quartier dans les communes de plus de 80 000 habitants.

Notre système politique ne manque déjà pas de «contre-pouvoirs» (Cour des comptes, syndicats, ordres professionnels…). C’est plutôt à nos représentants élus de redonner par leur action sa légitimité et sa crédibilité à notre démocratie.

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